Home Sweet Home
L'Art des Transitions de vie.
Cela faisait longtemps que j’avais envie, besoin, d’écrire sur ce sujet. De poser des mots sur ce que je vis depuis maintenant des années. Mais je n’arrivais pas à les poser, les écrire… peur du jugement des autres, auto-jugement (ce n’est pas assez bien, à quoi bon, etc..), bref une série de limitations et injonctions me tapaient sur le système et me menottaient…
Et puis est arrivé ce jour…
Ce jour, où j’ai décidé d’être Aimable et empathique avec moi-même, tout comme je le suis avec les femmes que j’accompagne depuis des années avec un amour inconditionnel. Est-ce parce que lorsque je les accompagne je rentre automatiquement dans une autre dimension, la dimension de la Source ? Au fond de moi, je connais la réponse.
Ce jour où je m’autorise à dessiner les milliards de pensées, qui me traversent constamment depuis des années, en mots. Même si ce n’est pas parfait, tel que je le transmets dans mes cercles et dans mes cours de Yoga, la perfection est dans l’imperfection et l’imperfection est dans la perfection.
Je ne peux dire si c’est parce que je suis neurodivergente, si c’est parce que je suis de nature à avoir besoin de nouveauté et de fraîcheur, si c’est parce que je suis issue d’une famille qui s’est arrachée de ses propres racines… ou tout simplement parce qu’il en ait ainsi…
Petite, j’ai vécu entre 4 maisons pendant de longues années. De ces 4 maisons, 2 étaient mes préférées, elles étaient mon chez moi temporaire, mais je devais les quitter à chaque fois.
Aujourd’hui, je ne peux plus compter le nombre de fois que j’ai déménagé… Je me souviens qu’en 2010, en 1 an, j’ai déménagé 9 fois…
Depuis mon plus vieux souvenir, j’ai ce désir, ce vœu, d’Habiter Ma Maison. Et plus les années passaient et plus ce vœu était de plus en plus fort. Comme un feu qui devient à chaque fois plus grand, plus fort, plus ardent.
Cela est devenu une Urgence avec le temps…
Bien sûr, j’ai une chance inouïe de toujours avoir eu un toit au-dessus de la tête, même dans les moments les plus fragiles de ma vie, où pendant 2 ans, ma maison s’en ai tenu à une valise cabine. Je mesure cette chance que j’ai toujours eu, de ne pas dormir sous les ponts… Mais là n’est pas le propos aujourd’hui.
Aujourd’hui j’ai 49 ans, et je n’ai toujours pas mon CHEZ MOI. Je le vis plus sereinement depuis que nous avons quitté le Brésil, pour venir nous installer en Espagne, la Terre de mes Racines, de mes ancêtres.
Mes grands-parents se sont déracinés, j’ai toujours vécu dans un entre deux. À la maison, en famille c’était la culture espagnole, passé le pas de la porte de la maison, c’était la culture française.
Mais aux yeux du monde je n’étais ni espagnole, ni française…
En France, on m’appelait « l’espinguouine », en Espagne, « la gabacha »…
J’étais une identité perdue. J’étais Lost in Translation.
- Le voyage a toujours fait partie de mon Chemin depuis toute petite. À peine née, je voyageais déjà. -
L’Urgence d’avoir Mon CHEZ MOI s’est vraiment intensifiée à la naissance de ma fille. Un besoin urgent de poser ENFIN les valises, de renouer avec mes racines, les faire croître et les fortifier. Les transmettre à ma fille.
Peut-être aussi parce que le manque de cette famille, aujourd’hui disparue, ressentir le besoin de s’ancrer dans la Terre physiquement est bien plus qu’un symbole… Un besoin de réparation.
Petite, je disais toujours à mes parents, « Un jour, j’irai vivre et m’installer en Espagne ».
A 21 ans, après un grave accident de route où j’aurai pu y rester (pas anodin, cette phrase, n’est-ce pas !?!), je me suis expatriée seule, à l’aventure, j’ai tout quitté : CDI, amies, potes, foyer maternel, flirte … Pour m’installer en Espagne.
Ces 12 années, auront servies au premier grand éveil de conscience et spirituel de ma vie. Ces 12 années m’auront mise à terre, anéanties, pour me mettre sur la Voie, sur ma Voie.
J’aurai TOUT perdu, pour trouver un autre Chemin, différent.
Après quelques années encore d’expatriation, dans différentes régions françaises, en Inde puis au Brésil, je suis de retour en Espagne dans une toute nouvelle région, que je ne connaissais pas encore…
Les premiers six mois, nous avons vécu dans un petit appartement meublé. Entre temps nos affaires du Brésil étaient arrivées puis stockées dans un hangar nous attendant patiemment.
Finalement je trouve en Mai un appartement non meublé... Chic ! Nous allons pouvoir retrouver nos affaires ! Mais… ce n’est pas encore MON CHEZ MOI… Je me sens encore en TRANSITION.
Je crois finalement que j’ai passé ma vie, en TRANSITION…
Alors oui, nous arrivons ici sur Terre pour vivre cette étape de transition entre la naissance/le début/le Commencement et la mort/la Fin/l’Aboutissement.
Mais j’ai ce vœu dans mon for intérieur qui me crie de se poser, de poser les valises, ENFIN, de vivre dans CE Lieux qui me ressemble, dans ce Lieu où je n’aurai plus envie de partir ailleurs… Ce Lieu qui nous ressemble, qui nous Assemble.
À mes ancêtres, à ma famille,
Alma
Par Alma Prieto Rodriguez | ALMATÉ
Thérapeute Holistique Neuroatypique, Franco-Espagnole quadrilingue, Alma accompagne les femmes en transition de vie à ne pas se perdre dans l’expatriation, les réinventions professionnelles et les métamorphoses intérieures, en les aidant à retrouver un « chez soi » stable en elles-mêmes.
Chaque article de Femmes en Transition ouvre une fenêtre sur l’identité, les racines et la maison intérieure de celles qui osent se réinventer. Si cette réflexion résonne pour vous, poursuivez le cheminement avec les lectures ci-dessous.




Merci Alma pour partager avec autant d’authenticité et de sincérité ton besoin de te sentir en pleine présence de toi même. Comme tu le dis si bien, nous sommes en transition, de passage sur cette terre. Et ton cheminement vers ton désir d’être pleinement toi va permettre a beaucoup d’autres de se découvrir.