Le 1er janvier 2023, rien ne laissait présager d’un basculement.
Je vivais à Nancy, avec un homme que j’aimais d’un amour dense, presque brûlant. Nous parlions par moment d’enfants, d’un avenir à construire ensemble. J’avais un poste en médiathèque qui me passionnait, des responsabilités, une heure de route chaque matin que je faisais sans réellement m’en plaindre. Vue de l’extérieur, ma vie tenait debout.
Et pourtant, ce soir-là, quelque chose en moi s’est levé. Un appel, sourd mais précis : celui de me choisir. Enfin.
Je ne savais pas encore ce que ce choix allait déplacer.
Ce que j’ai découvert en me retournant vers moi
J’avais déjà exploré beaucoup de choses en développement personnel. Mais ce que je cherchais vraiment, ce n’était plus de me réparer : c’était d’aider les autres. Et dans mon métier, aussi précieux fût-il, je sentais les limites de ce que je pouvais offrir.
Alors j’ai commencé une formation en psycho-énergie, en ligne, en parallèle de mon travail salarié. Et là, une porte s’est ouverte.
J’ai découvert que nous portons en nous des sous-personnalités, des parts de nous façonnées au fil du temps. J’ai découvert que le blocage et la ressource logent au même endroit, que le problème contient déjà sa solution, pour peu qu’on accepte d’aller la chercher. Cette idée m’a saisie. Je travaillais sur moi et je rencontrais, en creux, un potentiel que je croyais absent ou soigneusement enfoui.
Trois semaines plus tard, en me rendant au travail, je me suis fait une entorse d’une violence que je n’avais jamais connue. J’ai pleuré dans la rue, incapable de faire un pas de plus. Six semaines d’arrêt ont suivi, une première dans toute ma carrière. Mon corps venait de m’imposer ce que mon esprit avait déjà décidé : ralentir la course ancienne, pour en commencer une autre.
Deux mois après, je suis entrée dans une école de Qi Gong en ligne, holistique, pour prendre soin de mon énergie vitale. Deux mois plus tard encore, j’ai rejoint un club entrepreneurial américain, pour comprendre les principes du succès. Et je continuais, bien sûr, à exercer mon métier.
Mes soirées ont pris une forme nouvelle : rentrer, dire bonjour, échanger quelques mots avec mon compagnon, puis disparaître dans ma chambre pour des zooms, des enseignements, des heures entières à apprendre. J’ai mis énormément d’argent en moi, portée par la conviction d’avoir enfin trouvé les clés que je cherchais depuis des années. Et les résultats étaient là : je me sentais évoluer, semaine après semaine.
Ce que ce choix a réellement coûté
C’est à ce moment précis que le fossé s’est creusé.
Mon compagnon d’alors était quelqu’un de profondément indépendant, habitué à prendre du temps pour lui. Mais le temps que je prenais désormais pour moi dépassait, selon lui, une mesure raisonnable. Notre couple a commencé à vaciller. Je partais moins en vacances, je m’absentais autrement, mentalement, avant même de m’absenter physiquement, parce que je venais de comprendre quelque chose d’irréversible : investir en soi n’est pas un luxe, c’est une condition.
Ma famille, elle aussi, s’est mise à me regarder différemment. Mon évolution dérangeait, ou du moins interrogeait. Les disputes se sont multipliées, les incompréhensions aussi, et avec elles, les non-dits.
À l’intérieur, je vivais tout autre chose : un sentiment de rejet, l’impression de ne plus être considérée. Ce choix appuyait exactement là où ça faisait mal : sur mon vieux besoin de plaire, sur cette attente silencieuse de validation venue des miens. J’ai mis du temps à voir ce mécanisme. Puis, peu à peu, j’ai trouvé les clés pour m’en défaire.
Je savais, au fond, ce que je faisais. Et je savais que c’était juste, pour moi.
Ce que ce chemin m’a appris
Les années ont passé. J’ai continué d’investir en moi, et c’est ma gestion émotionnelle qui est devenue, sans que je l’aie cherché, mon point le plus solide. Je sais aujourd’hui accueillir ce qui survient, confronter mes résistances plutôt que les fuir. Ce n’est pas toujours confortable. Mais c’est précisément ce qui m’a rendue libre, assez libre pour, ensuite, accompagner d’autres personnes vers cette même liberté.
J’ai appris que je ne devais rien à personne. Que je n’avais pas à me justifier. Que faire ce qui est juste pour soi suffit, même si cela ne convient pas à tout le monde. J’ai compris aussi que toute personne portant les mêmes aspirations traverse, tôt ou tard, un chemin semblable, et qu’il est essentiel de choisir avec soin son entourage.
Je suis la mieux placée pour m’accompagner sur mon propre chemin. Je suis ma propre alliée. Et j’en suis fière.
Tout le monde ne traversera pas ce parcours. Moi, je sais désormais pourquoi c’était le mien : il me préparait, pierre après pierre, à mieux accompagner celles et ceux qui, un jour, choisiraient à leur tour de se choisir.
Aujourd’hui, c’est je, moi et moi-même avant tout
Aujourd’hui, je ne fais plus les choses pour faire plaisir aux autres.
Je me choisis, chaque jour, à chaque instant.
Mes rêves sont devenus la chose la plus importante.
Je continue de travailler sur moi pour offrir, ensuite, le meilleur à mes clients, et d’investir en moi pour franchir mes propres plafonds de verre.
J’apprécie, chaque jour un peu plus, ma propre compagnie. Le silence, la solitude, ne me pèsent plus : ils me nourrissent.
J’ai une conviction tranquille, une certitude : je suis une personne qui réussit. Je sais que je porte encore des zones d’ombre, et je les accepte, avant de les transmuter.
Je sais qu’il existe un temps juste pour chaque chose.
Je sais que la souveraineté émotionnelle est ma mission de vie.
Et je sais, avec une clarté que je n’avais pas avant, que je suis une femme infiniment plus libre, à l’intérieur.
Par Marie Guillan de Souveraineté émotionnelle
Ce chemin ne s’arrête pas à ce récit. Il se poursuit dans ce que Marie construit aujourd’hui : un accompagnement, une méthode, avec l’ambition de rendre ce langage des émotions accessible à tous, de l’enfant au dirigeant.
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