Vous me lisez peut-être depuis quelque temps. Vous connaissez mes réflexions sur l’éducation, mes textes, mes questionnements, mes projets d’écriture. Mais finalement, je parle assez peu de celle qui se trouve derrière tous ces mots.
Alors aujourd’hui, j’ai simplement envie de vous en dire un peu plus sur moi. Sur mon rapport à l’écriture, sur ce qui m’a menée jusqu’ici, sur les détours, les essais, les échecs aussi… et sur cette petite fille qui, bien avant d’imaginer devenir auteure, écrivait déjà des poèmes dans sa classe.
Tout a commencé à l’école
Je crois que certaines passions naissent beaucoup plus tôt qu’on ne le pense.
À l’école élémentaire, j’aimais déjà écrire des poèmes. Je les posais sur le papier, simplement, avec les mots que je connaissais et l’imagination d’une enfant.
Et puis un jour, ma maîtresse a commencé à reprendre mes poésies.
Elle les faisait lire aux autres enfants. Parfois, elle leur faisait même apprendre les poèmes que j’avais écrits.
Aujourd’hui, cela peut sembler être une petite anecdote.
Pour moi, ça ne l’était pas.
Quelqu’un venait de me montrer que ce que j’écrivais pouvait intéresser les autres. Que mes mots pouvaient être lus, entendus, appréciés.
Je crois que c’est à ce moment-là que j’ai commencé à aimer profondément l’écriture.
Comme quoi, parfois, il en faut peu pour faire naître quelque chose chez un enfant.
Un encouragement. Une attention. Une personne qui remarque une petite capacité et qui lui donne suffisamment de place pour qu’elle puisse grandir.
L’adolescence et mon petit journal
Puis je suis devenue adolescente.
Et comme beaucoup de choses à cette période, mes envies ont changé. J’ai commencé à m’intéresser à d’autres choses et j’ai peu à peu laissé l’écriture de côté.
Enfin… pas complètement.
Il y avait toujours mon petit journal intime.
Lui, je ne l’ai jamais vraiment abandonné.
J’y écrivais ce que je ressentais, mes pensées, mes émotions, tout ce que je n’avais pas forcément envie de dire à voix haute.
L’écriture avait simplement changé de place.
Elle n’était plus destinée aux autres.
Elle était devenue un espace à moi.
Avec le recul, je trouve ça assez joli de penser que même lorsque je croyais avoir arrêté d’écrire, je continuais finalement à le faire. Mais pour moi uniquement. Parfois, le soir, je relisais certaines pages de mon journal. Et ça me faisait du bien.
À 25 ans, j’ai voulu devenir auteure
Vers 25 ans, l’envie d’écrire est revenue plus fortement.
Mais cette fois, j’avais une idée derrière la tête : je voulais être publiée.
Alors j’ai commencé à essayer.
J’ai écrit des histoires pour les enfants.
Puis j’ai tenté les concours.
J’ai essayé beaucoup de choses.
De la dark story, de la romance, du thriller… Je cherchais mon style, mon univers, peut-être même ma place.
Et puis il y a eu les échecs. Forcément.
Les concours qui n’aboutissaient pas.
Les textes qui ne retenaient pas l’attention.
Les réponses que l’on attend et qui ne viennent pas.
J’ai connu cette petite déception qui accompagne forcément le fait d’essayer de faire quelque chose qui nous tient à cœur.
Mais finalement, ces échecs m’ont peut-être été utiles.
Parce qu’un jour, je me suis posée une question toute simple :
Et si j’arrêtais d’essayer d’écrire ce que je pensais pouvoir être publié, pour écrire simplement ce qui me passionne ?
Et si j’écrivais sur ce que je connais ?
La réponse était finalement devant moi depuis longtemps.
L’éducation.
Mon métier de professeure des écoles.
Mes réflexions.
Mon quotidien.
Mes expériences avec mes enfants.
Et surtout cette passion pour l’éducation positive, que j’avais envie de défendre tout en la questionnant, sans caricature et sans jugement.
Alors j’ai commencé à écrire sur tout cela.
Un premier chapitre.
Puis un deuxième.
Puis d’autres parties.
Et je me suis rapidement rendu compte que j’aimais ça.
Cela me rappelait les dissertations que j’écrivais à la faculté de lettres. J’aimais développer une idée, chercher des arguments, faire des liens, réfléchir, questionner.
Pour la première fois, je n’essayais plus d’entrer dans un genre qui n’était peut-être pas vraiment le mien.
J’écrivais sur quelque chose que je connaissais.
Quelque chose qui faisait partie de ma vie.
Quelque chose qui me passionnait.
Et je crois que c’est là que j’ai trouvé ma voix.
Puis un jour, j’ai signé mon contrat
J’ai décidé de proposer mon manuscrit à des maisons d’édition.
Je ne savais évidemment pas ce que cela allait donner.
Mais j’ai envoyé.
J’ai attendu.
Et quelques mois plus tard, j’ai signé mon contrat d’édition.
Je crois que ce moment avait une saveur particulière.
Parce que derrière cette signature, il n’y avait pas seulement un livre.
Il y avait toutes les tentatives précédentes.
Tous les textes écrits.
Tous les concours auxquels j’avais participé.
Tous les « non ».
Toutes les fois où j’avais pu me demander si je devais continuer.
Et puis il y avait cette petite fille qui écrivait des poèmes dans sa classe.
Finalement, elle avait continué à écrire.
Même lorsqu’elle ne le faisait plus vraiment.
Je suis quelqu’un qui va au bout des choses
Je crois que c’est une partie importante de ma personnalité.
J’ai toujours préféré avoir des regrets que des remords.
Je préfère essayer, quitte à échouer, plutôt que de rester avec cette question : « Et si j’avais essayé ? »
Je suis aussi quelqu’un de très têtu.
Vraiment très têtu.
Quand quelque chose me tient à cœur, j’ai beaucoup de mal à lâcher.
Ce trait de caractère peut parfois être compliqué dans ma vie personnelle.
Mais il m’a aussi permis d’aller chercher certaines choses que je pensais, au départ, peut-être inaccessibles.
Je ne suis pas forcément quelqu’un qui réussit du premier coup.
Je suis plutôt quelqu’un qui recommence.
Et qui recommence encore.
Et aujourd’hui ?
Aujourd’hui, je suis devenue auteure.
Ce mot me fait encore parfois quelque chose lorsque je le prononce.
Parce que derrière lui, il y a une histoire beaucoup plus longue que mon premier contrat d’édition.
Il y a l’enfant qui écrivait des poèmes.
L’adolescente qui remplissait son journal intime.
La jeune femme qui essayait différents genres.
Celle qui essuyait des refus.
Et puis celle qui a finalement compris qu’elle n’avait peut-être pas besoin de chercher très loin.
Qu’elle devait simplement écrire sur ce qui la faisait vibrer.
Aujourd’hui, j’écris sur l’éducation, sur les émotions, sur l’enfance, sur les relations qui nous construisent.
Et j’écris aussi ici, avec vous.
Cette plateforme est devenue une autre manière de laisser les mots circuler.
Alors si vous me demandez aujourd’hui qui je suis, je crois que je pourrais simplement répondre :
Je suis une femme qui écrit depuis qu’elle est enfant, qui a longtemps cherché sa place dans les mots et qui a finalement compris qu’elle n’avait pas besoin de chercher bien loin pour la trouver.
Et peut-être que le plus beau dans tout ça,
c’est que l’histoire n’est pas terminée.
Cet article est écrit par Elodie Pastoureau, auteure de la publication Substack É-mot-ions.
Élodie écrit sur l’éducation, sur les émotions, sur l’enfance, sur les relations qui nous construisent et elle vous propose un rendez-vous hebdomadaire de réflexion sur son chat à la suite de chaque numéro de sa newsletter Les Marges du Livre. Elle partage aussi son expérience de ce que c’est que de publier avec une maison d’édition pour la première fois.
The Aligned Shift est un espace éditorial pour les Voix qui ressentent le Shift, et celles et ceux qu’elles accompagnent.
Sur Substack, l’aventure commence avec Le Magazine : des récits, des regards et des conversations pour raconter, relier et mieux comprendre, ensemble, ce qui façonne nos vies.
Tu as, toi aussi, une voix qui cherche à créer du lien au-delà de ta propre publication et de ton audience ? Rejoins Nos Voix.





Un très beau parcours. Et ce n'est que le début ✨
Votre histoire est très inspirante!🩷