Une leçon du récif au milieu de l'Océan Pacifique
Réflexions sur la résilience, la foi et le devenir
J’ai trouvé ce coquillage encore parfaitement accroché au corail. Sa résistance face à la tempête est tout simplement admirable.
Je l’ai découvert à marée basse, durant ce bref instant où l’océan se retire et dévoile ce qui reste habituellement invisible. Autour, jonchaient des fragments de corail brisé et des coquillages vides, vestiges des marées passées, déferlantes.
Mais celui-ci était toujours là.
Sa surface était rugueuse, irrégulière, magnifiquement érodée. Façonnée par des années de sel, de mouvements de l’eau et des sables autour de lui. De minuscules trous la marquaient, comme le corail en dessous, comme s’ils avaient grandi en dialogue l’un avec l’autre.
Je me suis penché et j’ai appuyé mes doigts dessus, m’attendant à ce que la coquille du dessus cède, qu’elle se détache facilement comme tant d’autres l’auraient fait. Mais elle n’a pas bougé! Elle était solidement ancrée.
Le coquillage entier n’était pas seulement posé sur le corail. Il lui appartenait.
Quelle beauté! Et puis ça m’a inspiré.
On conçoit souvent la résilience comme une force face à la pression, au chaos, ou au changement. Pourtant, en me tenant là, il était évident que cette coquille avait survécu non pas en résistant à l’océan, mais en entretenant une relation avec lui.
Ni rigide, ni inébranlable, mais ancrée dans quelque chose de plus profond que les turbulences superficielles.
Cela m’a amené à me demander combien de fois nous nous épuisons à essayer de tout maintenir en place, à lutter contre des forces qui, par nature, sont faites pour bouger et de ce fait n’attendront jamais après nous pour se calmer.
Et si la résilience ne consistait pas à resserrer notre emprise pour toujours plus de contrôle, mais à choisir où nous nous enracinons ?
La vie est très comparable au monde de la mer. Dans la vie il y a des hauts et il y a des bas. L’océan lui connaît des marrées. Et lorsque les eaux descendent, et elles descendent toujours, ce qui compte, ce n’est pas tant la force avec laquelle on lutte contre le courant, mais plutôt si l’on est ancré à quelque chose qui peut nous soutenir. Pour moi, cet ancrage a souvent été la foi.
Dans les moments les plus douloureux de ma vie, lutter n’a fait que m’affaiblir davantage. Puis à un moment donné, je me suis comme abandonnée au flux de la vie. Je me suis souvenue de ma confiance en une intelligence ou un ordre supérieur à l’œuvre, même si je ne percevais pas encore ce que cet artiste était en train de créer pour moi. J’ai commencé à accepter ce qui, au départ, me semblait impensable, c’est à ce moment précis que quelque chose en moi a à chaque fois commencé à guérir.
J’ai appris, lentement, que la transformation elle-même est une forme de grâce. Que ce qui ressemble d’abord à un abandon est parfois le début d’un alignement.
Et cette acceptation, dans sa forme la plus profonde, n’est pas un renoncement. C’est se rendre à la vie.
Aujourd’hui, je l’écris pour que cette réflexion s’enracine en moi, comme la coquille à son corail.
Je partage publiquement ce moment et ce qu’il m’a inspiré, espérant qu’il puisse toucher quelqu’un d’autre au moment précis où il en a besoin, afin que cette personne s’approprie cette histoire comme j’ai pris le coquillage, et qu’elle y trouve l’inspiration pour ancrer tout enseignement que mon partage pourrait susciter.
Audrey ✨ vit entre les mondes, les langues, les pays, les territoires extérieurs et intérieurs. Une vie passée à traverser des océans, des pays, des effondrements, des renaissances.
Aujourd’hui elle construit The Aligned Shift, un espace collectif pour les Shifters. Ça commence avec un magazine, un pont pour encourager tous ceux qui traversent ces temps de transition extrême.
✨ Sa newsletter personnelle : beinglyaudrey.substack.com
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